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Juridique
Juridique·22 juillet 2026·6 min de lecture

Par Audrey DidonExperte patrimoine & investissement immobilier

Congé de bail : comment bailleur et locataire y mettent fin en règle

Préavis, motifs et forme du congé : les règles qui encadrent la fin du bail, côté bailleur comme côté locataire.

Mettre fin à un bail d'habitation n'a rien d'anodin : selon que le congé vient du locataire ou du bailleur, les règles diffèrent profondément. Le locataire peut partir presque librement, à condition de respecter son préavis ; le bailleur, lui, ne peut donner congé que pour un motif précis et à une échéance encadrée. Comprendre qui peut faire quoi, dans quels délais et sous quelle forme évite l'essentiel des litiges de fin de bail. Voici les règles stables que l'agent doit maîtriser pour sécuriser ses conseils.

Le congé du locataire : une liberté encadrée par le préavis

Le locataire d'un logement loué vide peut donner congé à tout moment, sans avoir à se justifier. Il n'est tenu que d'une chose : respecter un délai de préavis avant son départ effectif. Ce délai est en principe de trois mois pour une location nue, mais il peut être réduit à un mois dans plusieurs situations prévues par la loi — notamment lorsque le logement se situe en zone tendue, ou pour certains motifs personnels ou professionnels. En location meublée, le préavis du locataire est plus court. Sur la durée exacte applicable à une situation précise, mieux vaut vérifier le texte en vigueur que se fier à une idée reçue.

  • Le locataire n'a pas à motiver son départ : le congé lui appartient à tout moment.
  • Le préavis court à compter de la réception du congé par le bailleur, et non de la date d'envoi.
  • Une réduction du préavis suppose de respecter les conditions prévues (zone tendue ou motif admis) et, souvent, de le préciser dans le congé.
  • Le loyer et les charges restent dus pendant toute la durée du préavis, même si le locataire quitte les lieux plus tôt.

Le congé du bailleur : un motif obligatoire

Le bailleur ne dispose pas de la même liberté. Il ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, en respectant un préavis plus long que celui du locataire, et uniquement pour l'un des trois motifs admis par la loi : la reprise du logement pour y habiter ou y loger un proche, la vente du logement, ou un motif légitime et sérieux — par exemple des manquements répétés du locataire. Chaque motif obéit à des conditions strictes, et un congé mal motivé ou mal formé peut être jugé sans effet, obligeant le bailleur à attendre l'échéance suivante.

Le congé pour vente ouvre en outre, dans bien des cas, un droit de préférence au locataire : il peut être prioritaire pour racheter le logement aux conditions proposées. Le congé pour reprise, lui, doit désigner clairement le bénéficiaire et la réalité de l'intention d'habiter. Ces mécanismes sont techniques et lourds de conséquences ; face à un cas concret, l'agent a tout intérêt à faire valider la démarche par un juriste ou un notaire plutôt que de s'avancer sur un délai ou une formulation.

3 motifs
seulement autorisent le bailleur à donner congé : reprise pour habiter, vente du logement, ou motif légitime et sérieux

La forme du congé : là où tout peut se jouer

Un congé n'est valable que s'il respecte la forme imposée par la loi. Il doit être notifié par un moyen conférant date certaine — lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé ou émargement — car c'est cette date de réception qui déclenche le décompte du préavis. Le congé du bailleur doit en outre indiquer précisément le motif invoqué et les mentions obligatoires qui s'y rattachent. Une notification irrégulière, ou envoyée trop tard par rapport à l'échéance, peut priver le congé de tout effet.

À retenir : côté locataire, le congé est libre mais soumis au préavis ; côté bailleur, il est enfermé dans trois motifs, un préavis plus long et un formalisme strict. Vérifiez toujours la date de réception et la forme du congé avant d'annoncer une date de sortie : c'est là que naissent la plupart des contentieux.

Préavis, motifs, forme et droit de préférence : la fin du bail concentre plusieurs règles clés de la gestion locative issues de la loi ALUR. Le Parcours ALUR 14h reprend ces fondamentaux de façon concrète et valide vos heures de formation continue obligatoire.